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02/08/2018
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Les Expositions

Sabine Weiss

Les brouillards sont en noir et blanc. Les enfants grimpent aux arbres. Les chats hantent les poubelles près des tractions avant. La peinture des murs s’écaille. Les silhouettes des pêcheurs des quais de Seine se reflètent dans les flaques d’eau. La marchande de frites disparaît dans la fumée de son fourneau. Les ombres s’allongent dans le contre-jour du jardin du Luxembourg et quelques piétons traversent la place de la Concorde sous la pluie… Cela ressemble à une musique lointaine et familière, c’est le Paris des années 1950 photographié par Sabine Weiss. Ses images esquissent la partition des chansons de Trenet.
 
On entend presque en sourdine Douce France et le cri des hirondelles par-dessus les toits. Oui, Y’a d’la joie, elle est tendre et persistante avec un brin de nostalgie. Cette mélodie fait partie du répertoire visuel de ceux que l’on a appelés les “photographes humanistes”. Courant qui, dans les années d’après-guerre, rassemble Edouard Boubat, Jenine Niépce, Izis, Robert Doisneau, Willy Ronis… Née en 1924, Sabine Weiss est la dernière représentante de ce mouvement dont on a un peu vite critiqué les images. Evidemment, à force de revenir sur les mêmes sujets, des clochards à l’enfance heureuse, on risque le cliché. Mais cela serait faire injure à la photographe que de la réduire à cette imagerie d’Epinal, car ses tirages ne se limitent pas à ce regard mélancolique. S’il perçoit la douceur des gens et des choses, l’œil sait aussi accueillir la simplicité du réel dans la tranquillité d’un monde sans apprêt.
 
BERTRAND RAISON
 
CENTRE POMPIDOU. Sabine Weiss. Les villes, la rue, l’autre. Place Georges-Pompidou, Paris IVe. Jusqu’au 15 octobre.
 
«Dun-sur-Auron», France, 1950, collection Centre Pompidou, Paris ©Centre Pompidou, Mnam-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GP © Sabine Weiss.

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