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31/05/2018
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Les Expositions

Delacroix

Honoré, adulé par la première moitié du XIXe siècle, Delacroix fut le phare de la peinture romantique célébré dans les textes de Baudelaire. Certes, il traversa son temps couvert d’honneurs, mais on le statufia un peu trop vite. Car il serait dommage de le réduire à cette figure du commandeur entouré par les tableaux monumentaux qui firent sa gloire. Infailliblement associé à la représentation de cette femme du peuple brandissant le drapeau tricolore et franchissant sous la mitraille les barricades de la révolution de 1830, Delacroix tourne définitivement la page des drapés austères du néoclassicisme. Mais si le morceau de bravoure nous impressionne encore, n’oublions pas que sa réception ne provoqua guère un enthousiasme débordant. De même, l’immense Mort de Sardanapale (1827) connut un sort semblable. Critiqué par la majorité de la presse de l’époque, le tableau se perdit dans les limbes de l’oubli avant d’être acheté par le Louvre quasiment un siècle plus tard. De son vivant, la célébrité du peintre ne l’a pas empêché d’aborder tous les genres, et c’est tout l’intérêt de cette rétrospective que de parcourir les différentes étapes d’un itinéraire placé sous le signe de l’exploration constante de la couleur prenant le pas sur le dessin. C’est pourquoi l’étiquette romantique qu’on lui alloue très généreusement se révèle bien trop étroite pour lui. Delacroix a pris la clé des champs pour se libérer aussi bien des contraintes d’un réalisme à la Courbet que de celles du mimétisme photographique qui entamait déjà sa longue marche triomphante.
 
BERTRAND RAISON
 
MUSÉE DU LOUVRE. Hall Napoléon. Delacroix (1798-1863). Rue de Rivoli. Paris Ier. Jusqu’au 23 juillet.
 
«La Liberté guidant le peuple», 1830, Eugène Delacroix, Musée du Louvre ©Rmn-Grand Palais (Musée du Louvre), photo Michel Urtado.

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