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19/03/2018
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Les Expositions

David Goldblatt

À plus de 80 ans, David Goldblatt est une figure clé de la scène photographique sud-africaine. Si le Centre Pompidou lui consacre sa première rétrospective en France, il est loin d’être un inconnu sous nos latitudes. Rien que l’année dernière, la fondation Vuitton, avec «Art/Afrique, le nouvel atelier», et surtout l’exposition à la Villette des «Afrique Capitales» avaient montré toute la diversité artistique du continent africain, pas forcément soluble dans un art dit africain. De plus jeunes photographes, comme Zanele Muholi ou Pieter Hugo, s’inscrivent à leur manière dans le sillage tracé par David Goldblatt. Mais là où ils s’engagent avec véhémence dans une lecture particulièrement critique des fractures d’une société bouleversée par l’apartheid, leur «mentor» n’a jamais emprunté la voie militante, même aux heures les plus noires de la ségrégation imposée par la minorité blanche jus-qu’en 1991. Ses photos noir et blanc dénuées de tout pathos, à l’écart de tout sentimentalisme, en disent finalement davantage que des clichés avides de sensationnalisme. C’est avec patience qu’il s’attache au détail des corps et des territoires. En fait, il aime le constat, se contentant d’ajouter une légende précisant le contenu de l’image. A l’exemple de ces employés qui, habitant loin des villes, subissent toujours les conséquences de la politique de discrimination et sont obligés matin et soir d’effectuer des heures de bus pour se rendre sur leur lieu de travail. Ses photographies ne cessent de montrer les blessures sociales d’une partition qui n’en finit pas de se prolonger.
 
BERTRAND RAISON
 

CENTRE POMPIDOU. David Goldblatt.
Place Georges-Pompidou, Paris IVe. 01 44 78 12 33. Jusqu’au 7 mai 2018.
 
«AM/PM, Travellers from KwaNdebele Buying Their Weekly Season Tickets at the PUTCO Depot in Pretoria», 1984, courtesy David Goldblatt and Goodman Gallery Johannesburg and Cape Town ©David Goldblatt.

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