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02/05/2016
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Les Expositions

Carambolages

Le jour du vernissage de «Carambolages» au Grand Palais, les mécontents donnaient de la voix. Ça râlait, ça critiquait, «c’est du n’importe quoi», «de l’art pour l’élite»… Bref, rien n’allait. Mais quel était donc l’objet du délit? Une exposition de Jean-Hubert Martin, celui-là même qui, en 1989, à l’occasion de la mythique exposition des «Magiciens de la terre», avait pour la première fois osé réunir des artistes du monde entier dans le sacro-saint cénacle de l’art occidental trop habitué à s’enfermer dans la tour d’ivoire de sa très haute autorité. Et là où le bât blesse, c’est que, faisant fi des intouchables notions de l’espace et du temps, la présentation réunit quelque 185 pièces (peinture, sculptures, objets) venues de tous les horizons géographiques sans aucun respect des temporalités. Le visiteur passant allègrement d’une idole du IVe millénaire av. J.-C. à un très contemporain Etui pour une mobylette de Wim Delvoye. «Et la cohérence, dans tout ça ?» s’exclamaient nos furieux critiques d’autant plus énervés que les cartels n’étaient pas posés à proximité des œuvres ; comme si nous devions connaître par avance tout ce que nous voyons. Le propos, outre l’aspect ludique de cette chasse au trésor dans les collections des institutions et des particuliers, consiste à proposer des correspondances, des associations, sans se soucier des contextes. Car la pensée visuelle ne se réduit pas à circuler à l’intérieur d’un monde ordonné, elle aime aussi les courts-circuits et la liberté des rapprochements. C’est précisément ce choc salutaire que procure «Carambolages».

 


GRAND PALAIS. Carambolages. 3 avenue du Général-Eisenhower, Paris VIIIe. 01 44 13 17 17. Jus- qu’au 4 juillet.

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