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06/07/2015
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Les Expositions

Anna et Bernhard Blume

Même date de naissance (1937) mêmes études à l’Académie de Düsseldorf, où règne Joseph Beuys, le grand prophète de la vie artistique allemande, mêmes intérêts, car Anne et Bernhard Blume enseignent l’art tous les deux. Ils feront décidément tout ensemble, se marient et, à la fin des années 1970, choisissent d’entamer une collaboration qui ne cessera qu’en 2011, à la mort de Bernhard. Curieux tandem qui ne fait rien comme les autres, abordant la photographie par la tangente, occupant une place que personne ne souhaitait ou n’imaginait prendre. Ce qui les intéresse, c’est d’examiner attentivement le champ photographique, en questionnant sur un mode soi-disant burlesque les limites de la reproduction, de la perception et du réel. Attaque frontale avec cette série monumentale présentée à Beaubourg, Im Wahnzimmer (1984), soit 18 tirages composant une immense fresque de 25 mètres de long. Dans cette folie domestique, les meubles se précipitent au sol, les tables virevoltent. Le quotidien sort de ses gonds.
Les choses se révoltent, comme ces pommes de terre volantes qui assaillent une cuisinière débordée. Avec les Blume, l’occulte a été retourné comme un gant. Il ne s’agit pas de tomber en pâmoison devant les mystères des esprits frappeurs, mais de prendre de la distance vis-à-vis de l’art. Bref, avec eux, on respire, l’image iconique et en particulier sa transcendance tant célébrée se décompose sous les coups d’un humour ravageur.

 

CENTRE POMPIDOU. Anna et Bernhard Blume. La photographie transcendantale. Place Georges-Pompidou, Paris IVe. 01 44 78 12 33. Du 1er juillet au 21 septembre.

 

«Im Wahnzimmer», détail ; «Im Wahnzimmer», 1984 ©Centre Pompidou, MNAM-CCI/G. Meguerditchian et Ph. Migeat/Dist. RMN-GP ©ADAGP, 2015.

 

BERTRAND RAISON

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